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vendredi 23 juin 2017

étape Pedrouzo Arca - Saint Jacques de Compostelle

vendredi 9 juin : Pedrouzo Arca - Saint Jacques de Compostelle (Santiago)

Flecha amarilla
Dites-le avec des fleurs : pèlerin suivre les flèches jaunes !
A l'approche de Saint-Jacques, le nombre de pèlerins semble croître continûment. Quelques kilomètres avant le Monte do Gozo (Mont de la Joie), j'aperçois sur le sac à dos d'un pèlerin qui me précède un écusson de l'association Compostelle 2000, le même que celui de mon propre sac : c'est ainsi que je fais la connaissance de Alain Loyan parti du Puy-en-Velay à la mi-avril...

DEux pèlerins au Monte do Gozo
La cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle, à l'horizon
Au Monte do Gozo, en voyant à l'horizon les flèches de la cathédrale de Santiago, distante d'environ cinq kilomètres, la joie de me rapprocher du but m'envahit et, en même temps, je me demande ce que suis venu chercher. Les cinq derniers kilomètres ont été particulièrement longs. Plus je marchais, plus le point d'arrivée semblait se dérober ; la traversée des faubourgs puis de la ville de Santiago n'en finissait pas ; elle en finissait d'autant moins qu'une fois redescendu du Monte de Gozo, la cathédrale disparaît de la vue du pèlerin.

Avec Peter
La joie, malgré tout - avec Peter
Enfin arrivés vers midi dans le centre historique de Santiago, j'ai été pris par un gros stress, angoissé par l'idée de ne pas trouver à nous loger. Peter, garçon optimiste, a tout fait pour me rassurer, en vain. Toutes les logements que j'avais repérés étaient complets ; des auberges pour pèlerins proches de la cathédrale où nous nous rendions n'avaient pas de places disponibles alors que dans l'entrée de ces établissements il y avait des valises (et pas des sacs à dos) de pèlerins, peut-être arrivés en bus. Je commençais à me sentir mal à Santiago, et à me dire qu'il serait mieux pour moi d'en partir dès demain.
Peter a réussi à retrouver une auberge, Roots & Boots, également complète, mais dont le gérant nous a autorisés à nous doucher et à laver et sécher notre linge. Entre temps nous avions fini par trouver l'endroit où passer la nuit : à l'albergue Seminario Menor, un peu à l'écart du centre historique - mais, après tout, l'essentiel était d'avoir un lit pour la nuit.

La cathédrale de Santiago
La cathédrale de Santiago, vue du Parque da Alameda
Après la messe des pèlerins de 19h00 à la cathédrale, je suis allé dîner d'un arroz con camarones, almejas y amejillas (riz aux crevettes, palourdes et moules) dans un restaurant plutôt classe - le Carretas - avec Peter et la « bande à Oscar » (avec Sana l'irlandaise, Pascualina l'italienne,...) groupe de pèlerin(e)s que nous avons côtoyé depuis Lugo. Oscar, un garçon espagnol, est chauffeur routier ; il parcourt l'Europe d'Ouest en Est et du Sud au Nord avec son camion. Dans les villes et villages en France, m'explique-t-il, à partir de 19h00, il est difficile de trouver à manger, quelle que soit la période de l'année ; tous les commerces ferment. Alors qu'en Espagne, à 19h00, la vie commence !

Toutes les photos de l'étape :  Pedrouzo Arca - Saint Jacques de Compostelle (Santiago)

étape Saint Jacques de Compostelle - Alto da Pena

samedi 10 juin : Saint Jacques de Compostelle - Alto da Pena
J'ai hâte de quitter Santiago et la foule qui s'y agglutine. Quelques jours de plus de marche, pour aller au bout du bout du Chemin, à Fisterra, à la pointe extrême de l'Espagne et de l'Europe, pour retrouver l'Océan quitté le 24 mai à Ribadesella.
Courte nuit à l'albergue Seminario Menor : levé à 5h30, je me mets en route 6h15 sous une lune encore bien lumineuse dans un ciel qui commence à peine à s'éclairer. Personne dans les rues et sur la grand-place de la cathédrale de Santiago, la place de l'Obradoiro.

Hier soir, à la fin de la messe, à la cathédrale, j'ai assisté à la cérémonie du Botafumeiro - gros encensoir lancé à toute volée dans la nef de l'église. La légende veut que les bonnes odeurs de l'encens purifiaient les esprits...mais surtout faisaient disparaître les mauvaises odeurs des pèlerins arrivés à Santiago qui ne s'étaient pas lavés depuis des jours et des jours.
Autant vous le dire : sur le Chemin, j'ai scrupuleusement pris une douche par jour.

Pont médiéval sur le río Tambre, Ponte Maceira
A Ponte Maceira, le pont médiéval sur le río Tambre
Ce matin cap au nord-ouest avec une étape d'une trentaine de kilomètres, comme je les aime. Après une petite heure de marche, dans le rougeoiement du soleil levant j'aperçois en me retournant, au loin, la silhouette de la cathédrale. Ma sortie de la ville a été un peu compliquée : j'ai mis un peu de temps à trouver la bonne route ; certainement encore à moitié endormi, je n'ai pas été assez attentif aux balises et flèches jaunes dont il faut dire que les pèlerins-baliseurs espagnols ne sont pourtant pas avares !

Au bout d'un peu plus de quatre heures de marche, j'ai enfin trouvé un bar ouvert au hameau de Trasmonte pour prendre mon petit déjeuner. Merci au patron de la Casa Pancho pour son sympathique accueil ! Un peu avant cette halte réparatrice, j'ai hélé une pèlerine, Valérie, qui semblait hésiter sur le chemin à prendre et s'engageait dans une mauvaise direction. Valérie, une rochelaise, qui après avoir marché depuis Séville sur le Camino de la Plata, voulait comme moi rallier Fisterra.

Forteresse médiévale Pazo do Cotón à Negreira
Forteresse médiévale Pazo do Cotón  (modifiée au XVIIe siècle) à Negreira
Après le stress d'hier après-midi, je me sens à nouveau bien. Terminés les groupes compacts et sonores de pèlerins-touristes. Place aux individus avec qui pendant quelques minutes on peut parler, échanger.
Ce matin, pendant quelques dizaines de mètres, un merle m'a accompagné : j'avançais et il partait quelques mètres plus avant, s'arrêtait, se tournait vers moi et repartait comme pour me montrer la voie à suivre...  A Ponte Maceira, j'ai traversé le río Tambre sur un vieux pont médiéval. Un peu plus loin, à Negreira, j'ai pique-niqué près de la porte d'entrée fortifiée et la chapelle San Mauro. Et partout des hórreos, toujours les mêmes et tous différents. J'ai marché dans d'immenses forêts d'eucalyptus qui sentent si bon ; émerveillé par l'incessant chant des oiseaux et par des paysages aux horizons lointains.
Si j'osais : après Santiago, le Chemin retrouvé !
Et soudain, un troupeau de chèvres qui quelques instants arrête le pèlerin...

Sur le Chemin de Compostelle
Sur le Chemin de Compostelle
Toutes les photos de l'étape : Saint Jacques de Compostelle - Alto da Pena

une journée à Saint Jacques de Compostelle

jeudi 15 juin : une journée à Saint Jacques de Compostelle
Je dispose d'une longue journée avant de prendre le premier train du retour demain matin. Lorsque j'avais quitté Santiago le samedi matin 10 juin, je m'étais promis, lorsque je reviendrai, de consacrer le temps qu'il faut à la visite de la monumentale cathédrale de Santiago.

Façade nord de la cathédrale de Santiago
Façade nord de la cathédrale de Santiago, Praza da Inmaculada
Saint-Jacques, oeuvre de Juan de Figueroa, cathédrale de Santiago de Compostela
Saint-Jacques, Chapelle Majeure o « Capela Maior » (fin du XVIIe siècle)
Peu après 8h00, petit déjeuner recommandé par Valérie à l'Hospedería San Martín Pinario (o del Seminario Mayor) pris dans l'ancien réfectoire des moines. Tandis que tout le monde se rassasie dans un joyeux brouhaha, personne dans l'imposante chaire en surplomb de la salle pour demander le silence et lire quelques textes sacrés. Tout se perd, la foi également - j'en sais quelque chose ; mais ai-je cru ?

Je me rends ensuite pour une longue et instructive visite, accompagnée par un audioguide bien fait. À 12h00 messe dès pèlerins dite par l'évêque dont le prêche aborde le sens et l'universalité du Chemin. Beaucoup d'échanges avant et après la messe avec les pèlerins. A mes côtés, une gentille dame venue de Provence en pèlerinage avec un groupe m'explique qu'avant de venir à Compostelle elle est passée à Fátima. Elle me dit qu'il faut défendre la chrétienté et que « les arabes lui font peur » (sic) [comprendre : les musulmans]. Elle ajoute que lorsque elle est allée en Andalousie le « style arabe de la cathédrale de Séville » (re-sic) lui a déplu...

Le Botafumeiro
Dans la nef (vue vers le portail nord) de la cathédrale : le Botafumeiro (grand encensoir)
A la fin de la messe, comme vendredi dernier, entre action une fois encore le roi des encensoirs, comme le désignait Victor Hugo, le Botafumeiro. Impressionnant spectacle et grande émotion...

Toutes les photos : à Santiago de Compostela