J'ai hâte de quitter Santiago et la foule qui s'y agglutine. Quelques jours de plus de marche, pour aller au bout du
bout du Chemin, à Fisterra, à la pointe extrême de l'Espagne et de
l'Europe, pour retrouver l'Océan quitté le 24 mai à Ribadesella.
Courte
nuit à l'albergue Seminario Menor : levé à 5h30, je me mets en route
6h15 sous une lune encore bien lumineuse dans un ciel qui commence à
peine à s'éclairer. Personne dans les rues et sur la grand-place de la cathédrale de Santiago, la place de l'Obradoiro.
Hier soir, à la fin de la messe, à la cathédrale, j'ai assisté à la cérémonie du Botafumeiro -
gros encensoir lancé à toute volée dans la nef de l'église. La légende veut que
les bonnes odeurs de l'encens purifiaient les esprits...mais surtout faisaient
disparaître les mauvaises odeurs des pèlerins arrivés à Santiago qui ne s'étaient pas lavés depuis
des jours et des jours.
Autant vous le dire : sur le Chemin, j'ai scrupuleusement pris une
douche par jour.
Ce matin cap au nord-ouest avec une étape d'une
trentaine de
kilomètres, comme je les aime. Après une petite heure de marche, dans le
rougeoiement du soleil levant j'aperçois en me retournant, au loin, la
silhouette de la cathédrale. Ma sortie de la ville a été un peu
compliquée : j'ai mis un peu de temps à trouver la bonne route ;
certainement encore à moitié endormi, je n'ai pas été assez attentif aux
balises et flèches jaunes dont il faut dire que les pèlerins-baliseurs
espagnols ne sont pourtant pas avares !| A Ponte Maceira, le pont médiéval sur le río Tambre |
Au
bout d'un peu plus de quatre heures de marche, j'ai enfin trouvé un bar
ouvert au hameau de Trasmonte pour prendre mon petit déjeuner. Merci au
patron de la Casa Pancho pour son sympathique accueil ! Un peu avant
cette halte réparatrice, j'ai hélé une pèlerine, Valérie, qui semblait
hésiter sur le chemin à prendre et s'engageait dans une mauvaise
direction. Valérie, une rochelaise, qui après avoir marché depuis
Séville sur le Camino de la Plata, voulait comme moi rallier Fisterra.
Après le stress d'hier après-midi, je me sens à
nouveau bien. Terminés les groupes compacts et sonores de
pèlerins-touristes. Place aux individus avec qui pendant quelques
minutes on peut
parler, échanger.
Ce matin, pendant quelques dizaines de mètres, un merle m'a accompagné : j'avançais et il partait quelques mètres plus avant, s'arrêtait, se tournait vers moi et repartait comme pour me montrer la voie à suivre... A Ponte Maceira, j'ai traversé le río Tambre sur un vieux pont médiéval. Un peu plus loin, à Negreira, j'ai pique-niqué près de la porte d'entrée fortifiée et la chapelle San Mauro. Et partout des hórreos, toujours les mêmes et tous différents. J'ai marché dans d'immenses forêts d'eucalyptus qui sentent si bon ; émerveillé par l'incessant chant des oiseaux et par des paysages aux horizons lointains.
Si j'osais : après Santiago, le Chemin retrouvé !
| Forteresse médiévale Pazo do Cotón (modifiée au XVIIe siècle) à Negreira |
Ce matin, pendant quelques dizaines de mètres, un merle m'a accompagné : j'avançais et il partait quelques mètres plus avant, s'arrêtait, se tournait vers moi et repartait comme pour me montrer la voie à suivre... A Ponte Maceira, j'ai traversé le río Tambre sur un vieux pont médiéval. Un peu plus loin, à Negreira, j'ai pique-niqué près de la porte d'entrée fortifiée et la chapelle San Mauro. Et partout des hórreos, toujours les mêmes et tous différents. J'ai marché dans d'immenses forêts d'eucalyptus qui sentent si bon ; émerveillé par l'incessant chant des oiseaux et par des paysages aux horizons lointains.
Si j'osais : après Santiago, le Chemin retrouvé !
Et soudain, un troupeau de chèvres qui quelques instants arrête le pèlerin...
Toutes les photos de l'étape : Saint Jacques de Compostelle - Alto da Pena
| Sur le Chemin de Compostelle |